Nov 26. > Dec 11. 2010

THE GALACTIC YODEL ORDER ZQM, BERLIN

⧖ Opening on November 25. 2010 at 7.00pm

※ I am proud to show you my first solo exhibition selected by ÉCAL in Berlin.
The Galactic Yodel Order, solo exhibition at ZQM gallery, Berlin (Petersburger Straβe 73).
Invitation card for The Galactic Yodel Order at ZQM, Berlin.
Work in progress at ZQM, Berlin.
Jonathan Naas | Solo exhibition view at ZQM, Berlin.
Street frontage of Zwanziquadratmeter (ZQM), Berlin.
THE GALACTIC YODEL ORDER JULIETTE ZELLER


Toute forme de création se nourrit de la récupération d'images et d'idées préexistantes, et rien ne naît sans qu'y soient mêlées les influences et le vécu de l'artiste. Même l'œuvre la plus novatrice aura ainsi des racines bien ancrées dans la culture de son créateur, même si celles-ci seront plus ou moins visibles, plus ou moins avouées et assumées. À partir de ce constat, on se rend compte que l'on aurait tort de sous-estimer l'importance de la récupération dans la création artistique. Jonathan Naas fait de cette récupération l'une de ses lignes de conduite dans son protocole de création. Par récupération, l'on entend celle des matériaux, puisqu'il utilise des objets en majorités trouvés, sans aucune valeur de départ. Mais, outre les matériaux, la récupération dans son travail se manifeste d'abord par la ré-appropriation des formes de ce qui fait son identité visuelle et sa culture propre. Nourrissant son travail de ses lectures centrées principalement sur le mysticisme, ses écoutes effrénées de musique rock et de la culture des films de série B qu'il affectionne, mais aussi de tout ce qui l'entoure, Jonathan choisit d'assumer ses références en en réutilisant les codes formels et structurels. Pourtant, ces codes ne seront pas explicités au spectateur, pas plus que l'emploi de telle technique ou tel matériau ne sera justifié. The Galactic Yodel Order n'a aucune signification propre. Cela ne revendique rien, sinon le droit de choisir pour titre une suite de mots qui ne feront référence que dans l'esprit de leur auteur. Nulle autre explication ne vous sera fournie , peut-être parce qu'il n'y en a aucune. Vous avez ainsi le choix de nouer la relation que vous voudrez avec cet intitulé. Il en sera de même pour les pièces présentées. Bien sûr, les pneus enchaînés peuvent renvoyer à une multitude de symboles complexes : en plus d'être des objets de récupération, ils font fatalement penser à l'idée de la route et du voyage, et sont des produits manufacturés, donc, issus de la consommation. Pourtant, pour celui qui a choisi de les exposer, ce ne sont peut-être pas ces symboles qui semblent importants. De même que l'étoile noire, peinte sur le mur, renvoie à une esthétique qui rappelle celle des logos soviétiques, mais sans être pour autant la manifestation d'un quelconque engagement de la part de l'artiste... Il ne s'agit que de réutilisation de formes, et la volonté de l'artiste est de laisser chacun faire interagir son propre univers avec ce qu'il voit, et d'en tirer les explications qui lui siéront, si toutefois il en éprouve le besoin, plutôt que d'accepter que l'esthétique pour l'esthétique soit suffisante à la création. Car, que des cales en bois poncées et agencées côtoient une planche de chantier peinte, des pneus enchaîné au mur et des images à plus fort potentiel illustratif ne signifie rien en soi. La relation entre les oeuvres présentes n'est pas forcément évidente, et pour cause: il n'y a aucune raison qu'elle le soit. Sous l'apparente rigidité de ce travail se cache en effet une légèreté avouée et un fort potentiel absurde. À la question pourquoi ? la réponse la plus juste ici semblerait être: no reason.

JONATHAN NAAS


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