JONATHAN NAAS
VISUAL ARTIST & ART DIRECTOR
JONATHAN NAAS
Visual Artist and Art Director, born in 1987 at Altkirch (FR).
Resides and Works between Basel (CH) and Mulhouse (FR).
This is all about a rock'n roll traveller without his motorbike, who oil-paints folk and rocky landscapes in an autistic way with on his side a wild but invisible owl, lifting his color among great unmastered spaces ; about goats occupying these spaces, thunder sounds covering hoof noises ; about the last light from the last day that will come and darken them.
EDUCATION
2012
—10
Master of Visual Art, European Art Ensemble (with honors)
ÉCAL - University of Art and Design from Lausanne (CH).
2010
—09
Bachelor of Visual Art (Visarte prize)
ÉCAL - University of Art and Design from Lausanne (CH).
2009
—06
D.N.A.P. option Visual Art
HEAR - Rhine University of Arts from Mulhouse (FR).
2006
—03
Baccalaureate in Commercial Communication
High School Jean-Jacques Henner from Altkirch (FR).
SELECTED EXHIBITIONS
2014
—13
De guerre en guerre, Halle aux Blés • Altkirch
OB&F 14, Le Domaine • Altkirch
Au fil des ondes, Musée EDF Électropolis • Mulhouse
Sol LeWitt Loves Pancakes, ZIP Gallery • Basel
Conference cycle about Gnist • Lausanne, Strasbourg, Basel
Social Love, Music & Art, Espace Saint-Valentin • Lausanne
Master Reading, Espace Saint-Valentin • Lausanne
Teaching workshop, La Passerelle • Rixheim
2012
Exposition des Diplômés, ÉCAL • Lausanne
Néo-Maso, Studio Fleury • Genève
ÉCAL Promotion 2012, ELAC • Lausanne
Le Retranchement, Manoir de Martigny • Martigny
Permis de Construire, Ateliers Jack Preiss • Mulhouse
Jury, International Short Film Festival, Le Palace • Altkirch
Symposium Syndrome, HKB • Basel
The last first time, teaching workshop, Têtart Art School • Lausanne
2011
Masterpiece, Espace Saint-Valentin • Lausanne
In Girum Imus Nocte, Espace Arlaud • Lausanne
Festival INACT, La Semencerie • Strasbourg
Réalités Nouvelles (young guest selection), Parc Floral • Paris
Ces Jours, teaching workshop, Foyer Marie-Pascale Pean • Mulhouse
EXP.036, The Galactic Yodel Order, ZQM Gallery • Berlin
2010
Prix Visarte Vaud • Lausanne
Forging Steel and Laying Stone, CRAC Alsace • Altkirch
BMBP, Banca Monte Paschi Belgio • Bruxelles
Jeune Création, Le CentQuatre • Paris
Le Parcours de l’Art 2010, Centre Européen de la Poésie • Avignon
EXP.029, Desbione D’Oro, Stella Solaris • Bruxelles
Distinctions, Hall Stefan Kudelski & ELAC • Lausanne
EXP.027, The future way so black, ÉCAL • Lausanne
Rendez-vous des jeunes plasticiens, Elstir • Toulon
Editions, Niele Torini Gallery • Renens
EXP.024, Déjà vu..., LeQuai • Mulhouse
EXP.023, The sweet song of death, ÉCAL • Lausanne
2009
—06
Workshop’s, ÉCAL • Lausanne
Dark side of..., La Halle Aux Blés • Altkirch
Week-End de l’Art Contemporain, Musée des Beaux-Arts • Mulhouse
5h06, Polaris Gallery • Paris
Essais Sonic, Les Jeudi’s, MNAM Pompidou • Paris
Tranches de Quai #8, ESA • Mulhouse
Dérapages, ESA • Mulhouse
Fête de la Musique, La Verrerie • Mulhouse
En Eaux Troubles..., Fête de l’Eau • Wattwiller
Mouche, Prolifération, Contrôle, ESA • Mulhouse
La Nuit des Musées, Musée Historique • Mulhouse
Magnetic Animals, Le Quai • Mulhouse
SLUDGE III JULIETTE ZELLER, 2014
Codes, signalétique, symbolique, font que la création visuelle, au sens étymologique, n’est plus tant possible : toute tentative de donner l’existence à quelque chose d’absent auparavant n’est toujours au final que récupération et assemblage de formes et d’images pré-existantes qui se font le reflet de notions par lesquelles l’œuvre se rend compréhensible et sensible. Vouloir créer une image quelconque sans qu’elle ne renvoie à une ou plusieurs autres, déjà intégrées dans l’esthétique collective de manière consciente ou tout à fait inconsciente, est en effet totalement vain. La récupération, en art, est en sorte un pléonasme.

Puisque toute création est nourrie des influences de ce qui l’a précédée, aucune idée ne naît qui soit totalement nouvelle, et, malgré la chasse à l’originalité que semblent mener les courants conceptuels, l’inédit semble ne plus pouvoir exister. Le créateur ne peut puiser que dans sa propre culture, celle qui forge ses goûts et son esthétique, projetant sa vision propre, formée de la somme de ses expériences et de son éducation, de ce qu’il a vécu et de ce qu’il a appris, de ce qui l’a construit ainsi ; et tout courant, si novateur soit-il, ne peut naître qu’à partir d’idées anciennes. En s’appuyant sur sa perception du quotidien, l’artiste re-visite ainsi les postures et les formes du réel, falsifiant les reliques de la création passée.

Le litige dans l’art contemporain à propos de la paternité de l’œuvre et de l’illégitimité de la copie, qui ont nourri nombre de débats, est ainsi antinomique avec l’idée que l’art ne peut pas être une innovation constante et éternelle, et l’on se rend compte que l’on aurait tort de sous-estimer l’importance de la récupération dans la création artistique, de dénigrer l’art de la copie et des fac-similés, et même de parler véritablement de copie au lieu de ré-appropriation plus ou moins avouée. L’artiste choisit en réalité d’assumer ou non, ou de rendre hommage en quelque sorte, à ses influences.

En axant son travail sur l’utilisation et le détournement systématiques de la sémiologie, la mythologie et toute la culture symbolique quelle qu’elle soit, Jonathan Naas fait de cette saturation de l’image une problématique centrale. En choisissant de ne pas dissimuler ses sources d’inspiration, et en ne rejetant pas les coïncidences nées des similitudes de goûts, il accepte de prendre le risque de produire quelque chose qui ressemble à. Le sacré, les codes visuels musicaux tout comme les codes optiques lui servent ainsi à transcrire un univers par l’image, plutôt qu’à tenter d’en créer une nouvelle forme. Le procédé de récupération est même poussé plus loin par la ré-appropriation de tout ce qui l’entoure et fait son identité visuelle. En choisissant d’assumer ses références, il leur emprunte des codes, visuels ou sémantiques, et nourrit ainsi son travail de ses lectures, ses écoutes et ses ressentis.

Si l’on estime que l’art contemporain est censé laisser une très grande liberté aux créateurs, son fondement n’est alors pas la technique pure, quand bien même celle-ci fait parfois la différence, ou encore le motif de la représentation, mais bien la démarche. Celle de Jonathan Naas est basée sur la récupération. Récupération des matériaux et des motifs utilisés, pour la plupart trouvés au hasard de recherches ou de rencontres, mais surtout récupération dans son processus même de travail : partant d’écrits fictionnels rédigés au préalable, il prend possession d’images présentes dans ses textes, telles des projections mentales, pour leur donner vie dans la réalité et ainsi offrir une nouvelle lecture de sa fiction. Que ce soit à travers la performance, l’installation ou la création d’images, de nombreuses pièces peuvent alors naître d’un seul écrit prenant souvent la forme d’une édition, devenant les témoins d’un univers intérieur intime et complexe. Ces fictions mettent en scène des personnages et des faits dont certains sont passés, d’autres à venir et d’autres encore ne prendront jamais forme dans la réalité. La frontière entre réel et fiction se disloque alors et devient trouble, le but avoué étant de laisser planer le doute quant à la détermination de l’élément qui aura permis la création des autres, l’œuvre finissant par se nourrir d’elle-même.Chaque nouvelle fiction constitue le point de départ d’un nouveau cycle de productions substantiellement riches et diversifiées affirmant de fortes identités, flirtant avec le tangible et oscillant entre réel fantasmé et utopie concrète.

Impossible cependant de se perdre dans le foisonnement du travail de Jonathan Naas. Car, que ce soit dans ses peintures ou dans ses installations, et que son univers prenne corps dans des paysages dystopiques fantasmés nés de son obsession du vide et du désert, dont il explore les cultures, ou dans des figures géométriques nées des codes transmis par les médias de masse, la publicité ou l’éducation, l’on y retrouve toujours cette esthétique post-apocalyptique née du Rock, du mysticisme, et des systèmes d’organisation de la réalité. Il garde ainsi constamment une ligne de conduite alliant structure et système, réalité et fiction, autour de ces problématiques qui lui sont chères.

L’utilisation fréquente voire quasi-systématique de la couleur noire au travers de ses textures et de ses nuances confère une radicalité, une profondeur qui rappelle la musique autoritaire et psychédélique qu’est le Rock & Roll. Cette radicalité est toutefois contrebalancée tantôt par le savoir-faire ancien et délicat qu’exige la technique de la peinture à l’huile par exemple, qui possède une sémantique propre due à sa charge de tradition, tantôt par la nature brute, voire industrielle, des matériaux de récupération utilisés. Le recyclage de supports et d’images issus de notre civilisation mêlé à l’utilisation à la fois de techniques classiques et de figures faisant référence à l’ésotérisme confère aux stéréotypes ainsi re-visités une dimension mythologique proche de la cosmogonie, le tout dans un souci de perfectionnisme frôlant l’obsession maniaque. L’ensemble forme une production très structurée, dont les titres mêmes, organisés en catégories : A_T, A/T, EXP. ou P/T, témoignent d’une classification rigoureuse et méthodique, traçant un fil aussi bien chronologique que logique entre les différentes œuvres.

L’idée sous-jacente pourrait être la volonté d’abolir les contraintes trop rigides qui subsistent dans le domaine de l’art, et selon lesquelles tout est catégorisé soit dans le domaine — artistique —, soit dans celui de — la vie réelle —, comme si les deux ne pouvaient se rejoindre, et qu’il état interdit d’affirmer qu’un groupe de musique, un gang de Bikers ou tout élément faisant partie du second ne pouvait pas intégrer le premier.

L’on a pourtant tort d’oublier la notion d’envie et de plaisir dans le domaine de la création, la sacrifiant aux dogmes des écoles et de la théorisation. Les discours ne suffisent plus à garder l’art vivant, les manifestes étouffent la véritable relation que nous devrions avoir avec l’Art. Jonathan Naas souhaite abolir les frontières entre réel et fiction dans une idée de nihilisme se nourrissant d’absurde et du réalisme fantastique tel qu'ont pu l'énoncer Bergier & Pauwels, sans souci de justification.

Au final, même si ces œuvres peuvent sembler hermétiques au premier abord, nul besoin d’avoir une quelconque explication pour y trouver quelque chose faisant écho à notre réceptivité ; c’est pourquoi Jonathan Naas laisse parfois la clé à d’une première porte de compréhension, tel un indice, mais souhaite que le travail que doit laisser faire le spectateur à sa sensibilité reste entier, afin que ce soit son ressenti qui prime, et que son imagination crée sa propre histoire. Nul besoin de légendes donc : No Reason — sinon celle que chacun y trouvera.
S/T ALEXANDRE PAPAEMMANUEL, 2012
Jonathan Naas, jeune artiste altkirchois est un explorateur d'imaginaire. Il est attentif aux symboles de notre époque, aux réminiscences qui nous habitent pour élaborer des récits où la tradition et le réel se confondent avec le rituel et le virtuel. Avec lui, le storytelling a force de réalité. Il nous donne à voir des terres jusque là inexplorées qui se révèlent dans une épiphanie dark et hypnotisante.
S/T CAROLINE COURRIOUX, 2010
Nous sommes entourés de codes et d’images que le travail de Jonathan Naas s’emploie à détourner, manipuler, transformer, métamorphoser et retranscrire. Le monde contemporain est saturé et c'est le point de départ de sa démarche artistique, le matériau de sa création. Les codes des publicités sont transcrits en formes géométriques comme l'étoile ou le néon alors que le paysage noir, lui, prend naissance dans le vocabulaire des civilisations mystiques. Un travail adepte de la maxime de Lavoisier : « Rien ne se crée, tout se transforme ».
S/T JEUNE CRÉATION, 2010
Jonathan Naas explore les paysages et les cultures de mondes dystopiques fantasmés, dans une esthétique post-apocalyptique née du rock, du mysticisme et des systèmes d’organisation de la réalité. Le recyclage de supports et d’images issus de notre civilisation mêlé à l’utilisation à la fois de techniques classiques et de la seule couleur noire permet d’atteindre une radicalité qui confère aux stéréotypes ainsi re-visités une dimension mythologique proche de la cosmogonie. Les paysages nés de ces clichés s’affirment et se vivent comme un morceau de rock hypnotique, répétitif et puissant, un sludge visuel.
AVEC TITRE (EXTRAIT) JULIETTE ZELLER, 2009
Jonathan Naas est un jeune artiste contemporain alsacien qui puise son inspiration dans la culture de sa région autant que dans ses influences nées de sa passion pour la musique rock ou pour l’abstraction géométrique.

Deux influences majeures peuvent nous mettre sur la piste de la compréhension de son oeuvre. La première est son attirance avouée pour le son et surtout pour la musique rock, dont il a fait une de ses occupations principales à travers l’écriture de crirtiques pour un webzine. Cette musique appartient à un univers qui comme tous les autres possède ses codes, ses couleurs et ses formes, que l’on retrouve dans la palette de formes et de couleurs de Naas.

La deuxième fascination majeure de Jonathan Naas est celle qu’il voue aux moyens de mise en forme du monde depuis son enfance. C’est ainsi que naturellement son travail artistique s’est tourné vers l’interrogation du langage codifié puis par extension vers l’abstraction géométrique pure. A travers ses oeuvres, il interroge ainsi notre capacité de compréhension des signes, capacité inculquée dans notre société par un formatage et une éducation tournée vers le code, sur des supports et des formats variés.
La géométrie est aussi indubitablement une forme d’éxutoire à des obsessions d’ordre et de rigueur de la part d’un artiste ayant passé son enfance dans une région à l’histoire difficile et à la mentalité encore marquée des événements du passé, qui a gardé une part de la légendaire rigueur suisse alémanique.
Mais de son propre aveu, nulle besoin d’avoir en main tous ces éléments pour apprécier son travail ; c’est pourquoi Jonathan Naas se refuse de participer au principe des titres explicites, préférant évoquer sur les cartels une partie de ses influences ou un moment que lui seul saura décrypter, comme pour garder une part d’intime entre lui et son oeuvre. Il nous laisse ainsi imaginer et créer notre propre lien avec l’oeuvre, en fonction de notre sensibilité, fidèle au principe de Franck Stella, What you see is what you see.
JONATHAN NAAS
27 av. Foch, 68130 • ALTKIRCH
+33 633 511 028
invoke@naas.fr
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